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Le récit de nos aventures

Frank O'Hara Nom : Frank O'Hara
Organisme : Centre francophone de Toronto

Les participants du Programme d’accueil se rencontrent pour apprendre dans l’amitié et pour créer quelque chose de plus grand que la somme de ses parties. Il n’y a pas de meilleur exemple que le partenariat de mentorat entre Leki Ymele et Frank O’Hara, jumelés par le programme professionnel du Centre francophone de Toronto.

Leki Ymele, natif du Cameroun et ingénieur en électricité, s’est établi au Canada en mars 2007 avec sa famille. Frank O’Hara est un entrepreneur chevronné et bénévole au Service d’assistance canadienne aux organismes (SACO). Il est aussi bénévole au sein du Programme d’accueil depuis plusieurs années.  Frank offrait des services de mentorat professionnels aux clients du programme auxquels il était jumelé, bien avant que le centre établisse un programme professionnel.  Ayant lui-même offert des services de mentorat et de consultation dans son pays d’origine, Leki connaissait la valeur de ce type de soutien. "Arrivé au Canada, je suis déstabilisé, j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à trouver rapidement des repères, je compte sur l’expérience des autres. Ça m’aide à éviter de perdre beaucoup de temps avant de découvrir certaines choses. "Frank désirait simplement aider les nouveaux arrivants et partager son expérience avec eux, voilà pourquoi il s’est engagé dans le programme.  « Je suis à la retraite mais je veux me rendre utile et permettre à d’autres de profiter des choses que j’ai apprises au fil du temps. Je constate combien cela peut être difficile pour les gens qui arrivent au Canada de s’établir. C’est un domaine dans lequel je peux m’impliquer et faire quelque chose d’important. Même si ma contribution peut paraître minime dans un grand dossier comme celui-là, c’en est une que je peux faire. » Frank est un peu trop modeste à nos yeux, car sa "minime contribution" représente en fait tout un ensemble riche d’années d’expérience, de contacts professionnels et de connaissances approfondies du monde des affaires national et international. Leki et Frank ont été jumelés en août 2007 et se sont mis au travail aussitôt. Ensemble, ils ont écrit et revu des curriculum vitae, exploré des sites Internet de recherche d’emploi et de ressources, pratiqué des expressions anglaises, discuté de l’approche initiale (serrer la main), de l’entrevue d’emploi, des différences culturelles au travail et d’une foule d’autres choses.Leki se sent maintenant mieux préparé pour faire des entrevues d’emploi. "Ce qui me manque surtout ce n’est pas l'expérience dans mon domaine mais de savoir exprimer aux gens ce que je peux leur apporter. J’ai découvert qu’au Canada, ce n’est pas la connaissance scientifique qui est le plus important, il faut savoir se vendre. Les discussions que nous avons eues m’ont appris beaucoup. Nous avons appris comment se présenter. J’ai appris aussi par le biais du programme de mentorat à être à l’aise avec des personnes que je ne connais pas. Quand je me retrouve à un entretien, je commence à parler. "Leki parle de sa dernière entrevue avec confiance. Il a complété une tâche qu’on lui avait assignée en démontrant ses compétences et sa créativité, il a expliqué clairement comment il pouvait contribuer à l’organisation et s’est exprimé librement en anglais durant 90 minutes.Frank est le premier à donner tout le crédit à Leki pour son succès. "Leki n’est pas du genre à attendre que les gens agissent à sa place. Il sait que pour faire avancer les choses, il faut être actif et passer à l’action. Mon rôle consiste simplement à lui donner quelques conseils mais c’est lui qui décide et qui prend les choses en mains. "Leki dit : "J’ai fait confiance à Frank. On a commencé, comme un mouvement naturel. Nous ne nous sommes jamais posé la question, que doit-on faire? "Tous deux ont très hâte que Leki se trouve un bon emploi dans son domaine. Leki espère que cela se réalisera bientôt et qu’il pourra à son tour aider d’autres nouveaux arrivants à découvrir leurs forces et à prendre leur place dans leur nouvelle communauté.

 

Keke Hu and Karen Kawawada Nom : Keke Hu and Karen Kawawada
Organisme :

Keke : J’ai plusieurs amis en Chine et à Toronto, mais ici à Kitchener, je suis une étrangère. Quand je suis allée au YMCA, une dame m’a dit que le programme d’accueil pouvait m’aider à me faire une amie canadienne. J’étais ravie d’entendre cela.

Karen : Lorsque j’ai décidé de devenir bénévole pour le programme, j’avais un motif bien personnel. En tant qu’ancien professeur d’anglais langue seconde, née et ayant grandi au Canada, je me suis dit que je serais une bonne ressource pour une personne nouvellement arrivée. Et puis, d’une certaine façon, moi aussi j’étais nouvelle – du moins dans la région de Waterloo. Après un an et plus à Kitchener, je commençais à bien me débrouiller dans la ville mais je connaissais très peu de gens en dehors du travail.

Keke : Karen est ma première amie à Kitchener. Elle est journaliste pour le journal local. J’ai tellement de chance d’avoir une amie qui pratique le même métier que moi.

Karen: Dès que Christina nous a présentées l’une à l’autre, j’ai tout de suite su que Keke et moi serions des amies. Nous possédons une formation en journalisme et seulement quelques années nous séparent en âge. Mais ce qui est plus important encore, c’est que nous nous sommes vite découvert des atomes crochus. Tout de suite, j’ai été frappée par l’ouverture d’esprit, l’enthousiasme et le sens de l’humour de Keke.

Keke : Maintenant, nous parlons vraiment de tout, nous cuisinons et nous magasinons ensemble. Alors, je suis vraiment heureuse ces temps-ci.  

Karen : Nous nous voyons une fois par semaine. Parfois, on se promène simplement pour jaser. D’autres fois, on fait une activité spéciale ou on va quelque part ensemble comme à la bibliothèque ou au centre d’achat.

Keke : Mon anglais n’est pas tellement bon mais Karen m’a appris toutes sortes d’expressions, de petits mots et des termes qui ont rapport à l’alimentation.

Karen : L’anglais de Keke est assez bon, mais à chaque semaine on fait une petite leçon d’anglais langue seconde. Puis, il y a toujours de nouveaux mots et de nouvelles expressions qui se glissent dans la conversation.

Keke : J’ai appris bien plus que l’anglais avec Karen. Avant, je croyais que tous les Canadiens avaient le même style de vie. Maintenant, je sais que les gens ont des modes de vie différents. Tu peux faire ce que tu veux. Moi, je veux poursuivre mes propres rêves dans un nouveau pays.

Karen : J’ai aussi appris énormément de Keke, par exemple sur la vie contemporaine en Chine. Je comprends mieux les défis auxquels les nouveaux Canadiens doivent faire face, et le courage et l’optimisme dont il font preuve en les surmontant.

 

Kengo Muhammad Nom : Kengo Muhammad
Organisme : YMCA de Kitchener-Waterloo

[Kengo a connu le Programme d’accueil d’abord comme nouvel arrivant, et y participe maintenant en qualité de bénévole.]

Le YMCA a été très utile pour moi et pour les autres nouveaux arrivants. Avant de faire la connaissance du YMCA, je passais mon temps à la maison à regarder la télévision et les films. J’ignorais les secteurs qui étaient proches de chez moi et je n’avais pas d’amis avec qui je pouvais me promener. Lorsque j’ai commencé à participer au programme du YMCA pour les jeunes nouveaux arrivants, j’ai rencontré de nouvelles personnes et certaines d’entre elles parlaient ma langue. La plupart des amis que j’ai maintenant, je les ai connus dans le cadre du Programme d’accueil.

Le programme pour les jeunes nouveaux arrivants est un bon cadre de rencontre de nouveaux amis et de participation aux activités. Le programme aide les nouveaux arrivants comme moi à apprendre les jeux et autres disciplines sportives que les Canadiens pratiquent, tels que la raquette à neige, le toboggan et le patinage. La plupart des nouveaux arrivants que je connais jouent dans l’équipe scolaire parce qu’ils ont acquis de l’expérience à la faveur de leur participation au Programme d’accueil pour jeunes nouveaux arrivants du YMCA. De plus, j’ai découvert le camping au Programme d’accueil, ce qui j’ignorais complètement auparavant.

J’ai également appris comment être ponctuel grâce au Programme d’accueil. Tout le monde me disait qu’ici au Canada, être à l’heure est très important. Depuis ce jour-là, je me suis efforcé d’être ponctuel.

J’ai appris comment être patient. Quand certaines personnes s’expriment avec de la colère, et que vous vous mettez en colère aussi et ne parvenez pas à le supporter, vous vous querellez. Mais maintenant, je sais comment me calmer et mes interlocuteurs deviennent agréables.

J’avais rencontré trois nouveaux arrivants qui parlent la même langue que moi et qui ne savent pas que je m’exprime aussi en anglais. Je leur ai parlé du YMCA et du Programme d’accueil. Ils m’ont demandé si je pouvais venir leur rendre visite chez eux. Quand je suis arrivé chez eux, la maman et quatre enfants visionnaient un film. Ils m’ont font part de leurs difficultés à parler l’anglais et du fait qu’ils ne peuvent pas prendre un rendez-vous pour aller chez le médecin faire vacciner les enfants. J’ai commencé à réfléchir aux possibilités de leur venir en aide. J’ai donc pris un rendez-vous pour eux et j’ai commencé à les emmener à certains endroits pour qu’ils les découvrent, en espérant qu’à l’avenir ils pourront parfois s’y rendre eux-mêmes.

Le Programme d’accueil m’a donné le sentiment d’appartenance au Canada. Je suis également bénévole à la mairie de Kitchener, où j’aide à l’organisation des événements. J’aime voir tout le monde avoir du plaisir!

Melanie Milanich Nom : Melanie Milanich
Organisme : CultureLink, Toronto

Une bénévole en or

Après presque 20 ans de service au Programme d’accueil de CultureLink, Melanie Milanich est encore remplie d’enthousiasme pour les bienfaits que procure le jumelage au sein du Programme d’accueil. "Je trouve cela épanouissant. Pouvoir aider la personne à laquelle je suis jumelée me fait vraiment plaisir" , confie Melanie.

La plupart des amitiés de Melanie qui ont commencé à la faveur du jumelage dans le cadre du Programme d’accueil ont duré pendant des années, bien longtemps après que sa mission en tant que bénévole ait été accomplie.

Depuis l’été dernier, Melanie a été jumelée à son neuvième nouvel arrivant. Nadezhda Samsonkina est une comptable originaire de la Biélorussie, et Melanie l’aide à trouver un emploi.

Melanie a quitté les États-Unis il y a 40ans pour s’installer au Canada à titre d’immigrante. "C’était l’époque où les déserteurs devant la circonscription affluaient au Canada. J’aimais entendre les gens parler du monde entier au Canada ", se souvient-elle. Melanie travaillait pendant la journée et suivait des cours en vue de l’obtention du Baccalauréat en sociologie, et plus tard de la Maîtrise en bibliothéconomie.

C’est en exerçant sa profession de bibliothécaire que Melanie a appris l’existence du Programme d’accueil. À titre de membre du World Federalist Movement (Mouvement fédéraliste mondial), groupe qui milite pour la création d’un parlement des Nations Unies, Melanie a été attirée par le Programme d’accueil, car il lui fournirait l’occasion de rencontrer des gens et d’en apprendre davantage sur différents pays du monde.

Melanie confie qu’auparavant elle dépensait d'énormes sommes d'argent et beaucoup de temps pour voyager vers différents pays en vue d'entrer en contact avec diverses cultures et civilisations. Maintenant, elle peut le faire sans quitter le Canada. "Je souhaite que le Programme d’accueil et CultureLink soient présents partout, afin de permettre aux nouveaux arrivants et aux bénévoles de se rencontrer."

Comme tous les bibliothécaires, Melanie se passionne pour le partage d’information. Elle est une bénévole assidue du groupe de conversation anglaise du Programme d'accueil, qui se rencontre à la bibliothèque. À cette occasion, elle apporte toujours une pile de livres et de documents qu’elle partage avec les participants du groupe.

Melanie aime particulièrement partager ses connaissances sur les nombreuses activités éducatives, culturelles et de loisir qui sont disponibles dans notre magnifique métropole. Récemment, elle a dirigé un groupe lors d’une excursion de découverte du patrimoine de Toronto. Elle encourage les nouveaux arrivants à aller au-delà des nouvelles que rapportent les médias pour nouer des liens avec les groupes, les clubs et les gens afin d’avoir un point de vue positif sur la ville et ses citadins. Elle préconise l’adhésion aux groupes comme étant la voie royale pour recommencer une nouvelle vie. Elle a présenté la plupart de personnes à qui elle a été jumelée à des groupes et des clubs et s’est rendue compte que celles-ci ont vraiment apprécié cette expérience. CultureLink envisage d’inviter Melanie pour mener une discussion sur ce sujet à l’intention des bénévoles et des nouveaux arrivants. Je ne manquerai pas ça!

Yolanda Vandeweerd Nom : Yolanda Vandeweerd
Organisme : Organisme des Services d'Intégration et d'Adaptation

Ma participation au SISO en tant qu’animatrice du Cercle de conversation anglaise (ECC) pendant ces deux dernières années a été un parcours passionnant. J’ai toujours eu un très vif intérêt pour les autres cultures et une grande partie de ma vie a été consacrée aux questions d’amnistie. Mais, il y a une chose à laquelle je ne m’attendais pas en ma qualité d’animatrice d’ECC: tout ce que je donne en termes de temps et d’énergie à titre de bénévole du SISO, me revient en retour sous forme de bienfaits que je n’avais pas imaginés.

Le plaisir d’aider les nouveaux arrivants au Canada est ineffable. De nouvelles amitiés sont nouées, l’expérience que j’ai du monde s’élargit, ma gratitude d’être une Canadienne est à son comble. En effet, je trouve la plupart des immigrants et réfugiés bien plus intéressants que bon nombre de Canadiens « de souche ». Les nouveaux arrivants sont, pour la plupart, très reconnaissants d’être au Canada en dépit des obstacles qui se dressent devant eux. J’ai découvert qu’ils viennent armés de foi et de beaucoup plus d’optimisme que ce que de nombreux Canadiens de longue date affichent dans leurs vies quotidiennes. Je recommande vivement d’être bénévole au Programme d’accueil.